Le parrain du yoga cubain

March 3, 2019

 

Cuba vit l’austérité perpétuelle. Mais cela n’empêche pas les Cubains d’être joyeux et philosophes. On dit qu’il n’y a pas encore de studios de yoga, et très peu d’équipements, mais cela n’a pas empêché Eduardo Pimentel de former 20 000 adeptes. A lui seul, il a établi l‘art du yoga en son pays, l’art de savoir se soigner soi-même, physiquement, mentalement, émotionnellement et spirituellement. Il a dédié sa vie à apporter ce trésor à ses compatriotes. 

 

Source L’article originel est en anglais, mais allez-y tout de même pour les admirables photos de Robert Sturman. « La Havane est un banquet pour nos sens, partout je n’ai vu que poésie » dit-il.

 

L’étonnante histoire du yoga à Cuba

Par : Andrea Rice

Traduit et légèrement condensé par l’équipe hindousme.org


La Havane est souvent perçue par les Occidentaux comme une capsule temporelle. Ses rues latérales ornées de voitures des années 1950, presque toutes vivement coloriées. La diversité de l'architecture, mélange de colonialisme, de façades baroques et d'art déco du début des années 1930, fait la joie de l’œil artiste. Peu d'Américains on réussit jusqu’ici à s'y promener librement.

Les relations diplomatiques entre États-Unis et Cuba se sont récemment rétablies et les Américains peuvent s'aventurer sur la petite île pour une douzaine de buts approuvés, tels que la recherche professionnelle, l'éducation et le travail humanitaire. Le yoga n’est pas encore attraction majeure à faire venir les touristes. Les studios sont inexistants, plus rares que les médias américains, toujours diffusés via «El Paquete», le coli contenant illégalement un disque dur. Mais la pratique yogine est vivante et saine.

 

Le grand Patanjali, auteur des Yoga Sutra qui codifient la philosophie

Yoga, le cœur des divers systèmes de pensée hindous.
 


Eduardo de Jesus Pimentel Vázquez, mieux connu comme Eduardo Pimentel est le «parrain du yoga cubain». Il a formé plus de 20 000 pratiquants à La Havane, et d’autres encore ailleurs, dans une véranda louée d'une institution gouvernementale, par exemple, ou dans une salle de théâtre, dans un centre d'arts martiaux local ou dans son propre appartement qui ne peut recevoir qu’une douzaine d’étudiants.

Les conditions sont minimalistes: les étudiants se reposent à Savasana sur une petite surface de sol carrelé, entourés de murs nus à la peinture écaillée, la fenêtre donnant sur une jungle luxuriante. Pimentel rêve d’échanger un jour son appartement pour un espace plus grand qui sera son propre studio et probablement le premier à  Cuba.

Il y a actuellement à La Havane six endroits non identifiés qu’on loue pour des cours publics de yoga. Il existe peu d'accessoires disponibles: il est difficile de se procurer des courroies, des cales, voire des tapis de yoga, car l'importation de nombreux produits de tous les jours est toujours strictement limitée et on ne peut importer de marchandises qu’avec un permis. Pimentel compte surtout sur des dons pour les besoins de la classe; les tapis provenant d'étudiants et d'enseignants aux États-Unis et au Canada avec qui il a travaillé.

Pimentel aura bientôt 70 ans et jouit d’une santé éclatante (voyez sa photo). Ses yeux doux, ses cheveux d’argent ébouriffés et son grand sourire font de lui le parfait yogi. Il est né à La Havane, a deux enfants, Sarada, 26 ans, et Kristian Eduardo, 19 ans. Il se souvient encore du jour où il entama son parcours de yoga: le 28 janvier 1972,  sa première pratique. Puis il s’instruisit tout seul, dévorant notamment  Le hatha-yoga et le kundalini yoga du swami Sivananda, qui l’a énormément inspiré.

 

Dans les années 80, il découvre Light on Yoga de BKS Iyengar, l’apogée de sa formation. Il fut accordé son certificat d’instituteur de yoga à l'Institut de yoga de Miami en 1992. En 1997, il se rent à Pune, en Inde, où il rencontre le grand Iyengar. Puis, il passe 45 jours au Népal et enseigne à Boulder, au Colorado, lors d’une conférence du Yoga Journal. Il est l’auteur de trois livres publiés uniquement à Cuba.

Pimentel n’est pas directement disciple d’Iyengar, mais s’appuie beaucoup sur ses principes de corrections posturales pratiques. «Les Cubains aiment que les enseignants les touchent», dit-il. "Pas besoin de demander permission!" Pimentel explique que les qualités exubérantes de la culture et du caractère cubains ont été adoptées dans l’enseignement du yoga. «Nous mêlons les traditions espagnole et afro-cubaine. J'enseigne également le yoga souriant», ajoute-t-il.

«Le parrain» a passé la dernière partie du XXe siècle à diffuser le yoga à La Havane, où une communauté commence à s’épanouir. Il a enseigné dans des églises catholiques et des centres culturels et a même reçu le soutien du gouvernement pendant une période particulièrement contraignante, lorsque le pays manquait de biens de première nécessité tels que les transports, la nourriture et les médicaments.

 

Yoga : tranquillité et bien-être où qu’il se pratique


En 1999, Pimentel s'est associé à l'Association internationale des professeurs de yoga noirs pour développer un échange culturel de yoga entre Cuba et les États-Unis. Il est président et fondateur de la Cuba Yoga Association, un organisme comptant plus de 15 000 membres qui a le soutien du gouvernement sous les auspices de la médecine alternative.

Reconnu à travers le pays comme «médecine verte», le gouvernement et le yoga ont préconisé le yoga et autres formes de guérison holistique afin de rehausser la santé générale. Le yoga a souvent été diffusé sur les chaînes de télévision gouvernementales avec Pimentel mis en vedette.

Les progrès de Pimentel ne se sont toutefois pas déroulés sans tension, le yoga ayant été considéré par le gouvernement comme activité religieuse à la fin des années 80. Mais lorsque le pays a changé après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, M. Pimentel a déclaré que le yoga était devenu un outil anti-stress très important pour les Cubains. "Le yoga est un bienfait pour toutes les sociétés, mais surtout pour la nôtre, nous ayant beaucoup aidé à passer nos moments difficiles."

Maintenant que les sanctions sont levées, M. Pimentel se réjouit de collaborer davantage avec des yogis américains. En plus de ses classes, il codirige un centre de retraite canadien situé en banlieue de La Havane. Il y a enseigné des Canadiens, des Cubains et des Américains dotés de permis grâce à un échange de yoga.

Tôt ou tard, c’est certain, nous verrons des vagues de yogis et de stagiaires arriver sur les côtes de cette belle ile.

 

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