Le yoga du beau

Les précieux palmiers de Palmyre du Sri Lanka
Si vous avez passé du temps au Sri Lanka vous aurez surement fait la connaissance des palmiers de Palmyre (palmiers à sucre) qui se profilent aux horizons du pays, surtout au Nord et à l'Est.
Depuis des siècles on les exploite de diverses façons si bien qu’ils font partie intégrante de la vie du pays, de sa culture, de son industrie, de sa nourriture, de sa boisson et de son artisanat. Ils sont aujourd'hui encore d'une valeur inestimable — malgré la modernité qui a toujours son mot à dire, bien sûr.

Le fruit du palmyre, cousin de la noix de coco.
Le clash s'est produit récemment dans le village de Vavunathîvu aux environs de Batticaloa, où les femmes avaient l’habitude de confectionner de jolis articles colorés à partir de feuilles de palmyres : paniers, nattes, sacs à main, chapeaux et autres. Mais la prolifération contemporaine de produits en plastique et de divers matériaux synthétiques entraînait rapidement la disparition de cette activité artisanale.

Le « vin » du palmier est extrait de la sève de sa fleur.
Heureusement, un humble groupe de bénévoles animés par Sri Rishi Thondunathan est venu à la rescousse. Depuis plus d’une décennie, ces braves individus ne cessent d'apporter secours, assistance, inspiration et idées innovatrices partout où ils voient un besoin — le tout selon leurs humbles moyens et leurs bonnes idées.
Pour défendre le précieux savoir-faire des dames de Vavunathîvu, ces individus ont établi, en collaboration avec le Secrétariat de la localité, un programme de formation pour le tressage des feuilles de palmier de Palmyre. Le succès a été immédiat.
L'année dernière, 17 femmes ont reçu un certificat à la conclusion du cours, et depuis, plusieurs d'entre elles ont lancé une petite entreprise de tissage à domicile et en tirent un revenu. Cette année, l’on compte 19 nouvelles étudiantes.
« Celà montre que l'artisanat traditionnel peut générer des moyens de subsistance durables tout en favorisant l'autonomisation des femmes. C‘est encourageant, » conclut Rishi.
La dimension spirituelle
Au niveau social, nous voyons déjà les bons résultats de l’action de Rishi, de son equipe et du Secrétariat de la région. Mais bien plus profonds encore et bien plus précieux seront les effets spirituels de cette tradition réanimée.
Au-delà de leur utilité première, les objets sont charmants. Ils rayonnent de l’amour qu’y ont déversé ces dames et leurs aïeules. On voudrait s’en procurer un pour l’avoir dans notre vie. Quand l'activité produit cet effet, elle devient pratique spirituelle, devient yoga.

Patanjali définit le Yoga ainsi : « Yoga consiste en la restreinte de la conscience ». Au lieu de laisser vagabonder l’esprit comme d’habitude, en Yoga on le dirige consciemment vers un objet de valeur. Ici, on voit les étudiantes qui se concentrent minutieusement, donc en pleine pratique de Yoga.
Dès que nous introduisons de l’attention, du soin ou de la créativité dans notre moment quotidien, quel qu’il soit, nous le transformons en activité spirituelle, voire religieuse.
Satguru Sivaya Subramuniyaswami enseignait à ses disciples, « Soyez satisfait de tout ce que vous faites, que la chose devienne pour vous une œuvre d'art, qu'il s'agisse d'essuyer une assiette, de balayer la cuisine ou de peindre un tableau. Votre travail doit vous satisfaire... »

Le beau résultat du Yoga des braves dames de Vavunathîvu.
Il recommandait aussi de développer, au moyen de la discipline, un art quelconque. En s'adonnant à un art on apprend à consciemment, et à volonté, amener un aperçu superconscient dans le monde ordinaire. On transforme le moment en un moment de perfectionnement, de perfection. Ainsi, on devient conscient d'un élément de notre nature réelle, divine, et apprenons à lui donner expression en ce monde. Telle est l’activité essentielle de notre incarnation et notre vie.
C’est la vie. C’est le yoga du beau.
Merci à Rishi Thondunathan, notre correspondant au Sri Lanka, pour ce partage.
Copyright : ©Au Cœur de l'hindouisme

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