L'ultime fête du mères !
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Un temple pas comme les autres dont le saint sanctuaire, où l'on trouverait normalement la représentation d’un Dieu, est une mare. iCette marre contient la présence divine qui nous relie aux mondes subtils et à leurs habitants célestes — en ce cas, les mamans trépassées et toujours aimées.
Credit: Photo : Facebook
Tout autour du monde, durant le printemps de l'hémisphère nord, soit durant l’automne dans le sud, c’est la saison des fêtes des mères. Les dates varient de pays en pays, mais la plupart ont lieu en mars, en avril ou en mai chaque année.
La Reine de toutes ces fêtes se déroule au Népal pendant deux jours, pendant la veille, et pendant le jour même, de la nouvelle lune du mois lunaire de baisakh (mi-avril à mi-mai). Cette année, ces jours étaient les 17 et 18 avril.
Mais cette Reine des fêtes est en fait bien plus qu'une simple fête ; il s’agit d’un événement des plus religieux, qui nous relie au plus profond de nous-même. Elle provient d’un désir de célébrer et de se reconnecter avec l’un des plus beaux et des plus précieux aspects de la vie humaine, une expression divine qui se répète tout naturellement partout où il y a une famille — le divin instinct ou sentiment maternel. Tout donner de soi sans rien demander en retour.
« Sans toi, nous ne serions pas.
Sans tes soins, nous n’aurions pas survécu.
Sans toi, nous ne saurions pas ce qu’est l’amour. »
La célébration s’appelle Mata Tirtha, mata signifiant mère et tirtha signifiant lieu saint ou lieu de pèlerinage. Le tirtha de cette fête est le temple Mata Tirtha qui est construit tout autour d’une petite mare — l’objet d'une belle histoire.
Dans un passé pas trop lointain, un jeune homme chagrin d’avoir perdu sa maman, s'approcha de la rive d'une mare non loin de Katmandou et regarda dans l’eau. D’abord, il y vit le reflet de son propre visage. Puis il vit ce visage se transformer en celui de sa chère maman qui, elle aussi, le voyait. Une tendre conversation s’ensuivit et, à la fin, il la pria de retourner à la maison avec lui comme autrefois. Elle répondit que ce n'était pas possible vu qu'elle était dans l'autre monde à présent. Mais elle lui fit ce serment : « Si tu reviens l'année prochaine en ce même jour, tu me retrouveras dans cette même eau et nous converserons encore. »
Le garçon fit ainsi une année après, retrouva sa maman au moment auspicieux et s’entretint avec elle. Ce rendez-vous devint annuel, attira d’autres âmes désirant retrouver leur maman décédée. L'attrait grandit au point où la petite mare fut reconnue comme lieu saint — tellement saint qu’on construit un temple dont elle serait le cœur spirituel, le point normalement réservé à la représentation d'un Dieu, là où les mondes subtils et le nôtre peuvent communier. Ainsi, la sainte petite mare devint à tout jamais protégée et rendue plus sainte encore, capable maintenant d'élever des foules.

Un fils a sauté dans l’eau sainte pour s’imprégner de la présence de sa mère. Autour de lui flottent les offrandes de fleurs, de fruits et de lumières.
photo par Aryan Dhimal
Le nom Mata Tirtha est à la fois celui de la mare, du temple, du jour, de la fête et du pèlerinage.
Ceux qui n'ont plus de maman se rendent au Mata Tirtha la veille de la nouvelle lune. Ils y allument une lampe à la mémoire de leur mère, restent éveillés toute la nuit, puis à la première lumière se baignent dans la petite mare et lui font leurs offrandes. Enfin, ils se rendent à la statue de la Mère et lui offrent, à elle aussi, eau, fleurs et autres substances.
Ceux qui ont la chance d‘avoir leur maman toujours avec eux en ce monde, ils n'ont pas besoin de se rendre à Mata TIrtha. Ils célèbrent le jour en faisant leur possible pour la rejoindre physiquement, contempler son beau visage et s'entretenir avec elle directement. Ils lui offrent cadeaux précieux, conversent avec elle pour exprimer leur reconnaissance, possiblement demander pardon pour toute erreur ou manque d’attention commis autrefois à son égard, et rechercher, surtout, sa bénédiction. En ce jour, elle est pour eux Déesse vivante.
Tout à travers le Népal, parmi toutes ses diverses fois et dénominations, on célèbre la fête des mères en ce même jour où le premier fils retrouva sa mère dans l’eau de la petite mare. Et partout la fête s’appelle Aama ko Mukh Herne Dink, soit littéralement « le jour où l’on voit le visage de sa mère ».

Les mamans du Népal
Vraiment, ici dans notre petit coin du monde, nous nous émerveillons de ce que ce petit récit nous enseigne. Que toute une nation se retrouve et se réunisse autour de l'expérience d’un moment il y a longtemps, d’un fils qui retrouva sa mère en forme subtile. Que toute une nation donne valeur à cette expérience et soit formée et transformée par elle, vraiment quelle culture ! Il est dit que la sagesse peut se mesurer par la nature de ce qu’on considère important et non important. Par cette mesure, et contrairement à ce qui se voit généralement de par le monde, le Népal nous paraît bien sage. Aum Namasivaya.
Photo en page d’accueil : Aryan Dhimal
Par l'équipe Au Cœur de l'hindouisme
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