Aimer Gaṇeśa

Le gentil Dieu hindou au visage d’éléphant

Votre guide illustré pour connaître l’affable Dieu du dharma,
Chasseur des obstacles, Protecteur des arts et des sciences,
Primordial parmi les Êtres célestes.

Satguru Sivaya Subramuniyaswami

Śrī Gaṇeśasya Svabhāvaḥ
1er chapitre
Qui est Dieu Gaṇeśa ?

Au cours des siècles, l'intégrité de l'hindouisme s’est maintenue grâce à trois piliers solides: le satguru, le temple et les écritures. Ensemble, ils chantent les louanges du Dieu débordant d'amour, Gaṇeśa, Maître du dharma, fils de Śiva. Depuis des millénaires ṛishis et sages proclament la largeur et la profondeur prodigieuses de l'esprit (*) et nous assurent que nous aussi, nous pouvons, nous devons, arriver à connaître Dieu et les dieux.  Et ce sont les satgurus vivants et leurs enseignements transmis de bouche à oreille qui ont engendré les traditions et la philosophie du sanātana dharma, la religion nommée aujourd’hui hindouisme. A présent, voyons qui est ce Dieu Gaṇeśa, quelles sont ses charges, et comment il prend part à notre vie et nos expériences.

 

Ce Dieu au visage d’éléphant se manifeste en plusieurs formes, dont Dieu des catégories et Chasseur des obstacles, une fois que le lien psychique s’est établi avec lui, il nous introduit tout doucement aux mystères du sanātana dharma. Une telle connexion spirituelle, qui peut être subtile tel qu’un sentiment ou un rêve, ou forte telle qu’une vision personnelle, indique qu’on vient de pénétrer le muladhara chakra, que gouverne la planète Mercure. Car chaque arrivée en un nouveau chakra nous présente au Dieu qui le gouverne et à l’état de conscience de ce chakra.

 

Le Sanātana Dharma est la seule religion contemporaine à ne pas avoir de date de naissance ou d’être humain qui en soit la source. C’est plutôt sur les plans subtils et superconscients au sein du microcosme (Kāraṇaloka, Śivaloka ou Troisième Monde) qu’elle a été fondée. Elle est intemporelle et éternelle. Elle est la religion originelle de l'humanité et n'est pas circonscrite à une seule autorité ou hiérarchie humaine. Alors, qui donc veille sur l'hindouisme ? Eh bien, ce n'est autre que notre gentil Gaṇeśa lui-même!

 

Il n’habite pas Rome, ni Salt Lake City. Mais se trouve dans le coeur de tout hindu dévot qui prie ou invoque les Dieux. Il n’a besoin d'être périodiquement réélu, puisque dès sa création il a été nommé à perpétuité pour ce grand travail.

 

* Dans les écrits de Gurudeva le mot esprit signifie esprit cosmique, tout ce dont on peut être conscient, la totalité de l’existence, toutes ses énergies, manifestations et formes. C’est maya, tout ce qui est, mais non pas le Soi. Le Soi est l'Absolu au delà de l’esprit.

Gaṇeśa le noble Gardien

 

C’est en effet le grand Dieu Gaṇeśa qui est lui-même l'entrée à cette foi la plus ancienne de toutes. Il est lui-même l'autorité qui permet d'accéder au mystères du sanātana dharma. Tous les Hindous l'adorent quelles que soient leur dénomination ou philosophie particulières. Ils se trouvent tous réunis en son amour, et celui qu’ils ressentent pour lui. Ce grand Dieu est à la fois à l’origine de l’hindouisme et le point de rencontre pour tous les Hindous. Et ça ne pourrait pas être autrement, puisqu’il est en fait la personnification de l'univers matériel, qui en toutes ses manifestations  innombrables n'est autre que le corps ventru de ce Dieu joyeux.

 

Gaṇeśa est assis sur le lotus psychique du mūlādhāra chakra, le ganglion nerveux au bas de la colonne vertébrale qui gouverne le temps, la matière et la mémoire. Lorsqu’on n’est plus sujet à la peur ou au brouillard mental, et qu’on arrive enfin à voir les choses comme elles sont, qu’on pense, qu’on parle et qu’on agit correctement, le mūlādhāra chakra devient alors actif. C'est à ce moment-là que, le cœur empli d'amour, nous arrivons aux saints pieds de Dieu Gaṇeśa. A mesure qu’on vénère ce Dieu plein d’amour au visage d'éléphant, notre esprit se calme et tout doucement, sans s’en apercevoir, on s’engage dans le chemin qui mène à la lumière. Une fois que, par la dévotion, le rapport avec Gaṇeśa s’est bien établi, tous nos courants psychiques et physiques s'harmonisent. Et si jamais on trébuche sur la voie spirituelle, ce lien sera notre secours.

 

Cependant, on perd quelque chose. Nous perdons à jamais notre volonté égoïste et animale. Heureusement ce n'est pas une grosse perte, puisque la volonté égoïste et la nature animale sont lâches et insignifiantes comparées à la volonté divine de Gaṇeśa. Une fois qu’on a réussi à établir ce rapport et qu’on est suffisamment éveillé pour savoir suivre sa volonté, la nôtre, l'égoïste, s’incline. Nos préjugés disparaissent. Nos  tendances à toujours raisonner et analyser les choses se trouvent maîtrisée par une volonté plus sage, une volonté cosmique. Lorsqu’on est devenu assez humble, il nous est facile de soumettre la volonté égoïste à une autre qui est bienfaisante, sub-superconsciente, celle du dharma. C’est tout naturellement et sans se presser qu’on arrive à ce stade car, parmi tous les Dieux, c’est bien Gaṇeśa plein d’amour qui nous guide soigneusement et délibérément tout au long de notre route, celle de tous les chercheurs spirituels.


De tous les Dieux hindous, Gaṇeśa est le plus proche de la conscience matérielle, le plus accessible et le plus apte à nous aider dans notre vie et nos soucis quotidiens. Gaṇeśa dans une de ses mains tient une corde, et dans l’autre un aiguillon. Il se sert de la corde pour nous tenir près de lui, ou retenir les obstacles. Gaṇeśa peut attraper et détenir les bénédictions autant que les obstacles. Avec l'aiguillon, il peut frapper et repousser les obstacles. On le nomme le Chasseur des obstacles mais il peut également s’en servir pour nous bloquer quand on s'engage sur un mauvais chemin et nous ramener peu à peu sur la voie du dharma. Quand notre volonté égoïste nous éloigne du dharma, le Dieu des obstacles est là pour nous stopper. Son emblème est la croix gammée, ou svastika, symbolisant le parcours souvent inattendu qu’il réalise pour nous guider à travers les expériences complexes de la vie.

Les enfants adoptés du Dieu éléphantin

Les chercheurs proviennent de divers milieux et religions, et souvent se sont essayés à divers chemins spirituels. Maintenant qu’ils connaissent Gaṇeśa, ils se demanderont peut-être comment ils vont raccorder ce qu’ils ont appris autrefois avec leurs élans actuels. « Comment ce fait il que je trouve satisfaction à adorer un éléphant ? Comment réconcilier cela avec mon passé ? »

Plutôt que de réprimer ce dilemme, faisons-y carrément face, et trouvons la solution. Ce sera un éveil spirituel. La vérité, c’est que vous avez en Gaṇeśa un grand ami, qui est, osons le dire, le pape de la religion hindoue. Et vous n'êtes pas seul, pas du tout. Nous sommes 1,25 milliards, un quart des humains, à connaître Gaṇeśa, et ce nombre augmente d'année en année.
 

Notre gentil Gaṇeśa mène ses dévots au cœur même de la plus ancienne des religions. Il y a deux façons d'accéder à l’hindouisme, soit y être né et venir au temple pour la première fois dans les bras de sa maman pour y être spirituellement, psychiquement, lié à notre Gaṇeśa, Dieu d’amour. Ces impressions reçues tout jeune et les saṁskāras, sacrements, sont tellement puissants qu'ils nous soutiennent toute notre vie. L’autre façon d'accéder à l'hindouisme est de simplement s’épanouir par soi-même pour en arriver à se sentir tellement hindou qu’on supplie les gardiens de cette ancienne et vaste religion du cœur de bien vouloir nous accepter.

 

Il faut le vouloir avec tant d’ardeur et de sincérité, que Dieu Gaṇeśa nous entend et nous délivre du brouillard matérialiste et, ce faisant, établit avec nous une connexion tout à fait personnelle. Il n'y a personne entre nous et lui. Il nous a adopté. Si on était orphelin ou abandonné comme des petits enfants dans les rues de São Paulo ou de Chennai ou ailleurs, on se sentirait « libre » . On pourrait passer sa vie à n’écouter personne et n’agir qu'à sa guise, exerçant sa volonté libre et instinctive. Si l’intellect était tant soit peu développé, alors ce serait une volonté intellectuelle. On pourrait faire absolument n'importe quoi. Bien sûr, on butterait bien vite contre ses limites, érigées par les forces naturelles à l'intérieur et à l'extérieur de soi. Mais on pourrait toujours quand même continuer à essayer de faire et d’avoir ce qu’on veut.

Si l’enfant abandonné en a la chance, des parents adoptifs pourraient apparaître et venir à son aide. Sa nouvelle maman se mettrait à l'élever avec amour, disant : « Tu peux jouer comme tu veux dans cette pièce-ci, mais pas dans les autres » . Elle serait sage et saurait qu’il a l'habitude de faire à sa guise, alors elle le laisserait jouer librement dans sa chambre à lui. Toutefois, si elle le trouvait en train de jouer ailleurs, elle répéterait fermement: « Tu peux jouer dans ta chambre, mais pas dans celle-ci » . Il aurait perdu sa « liberté personnelle » . A partir du moment où il a des parents, il dépend d’eux pour son bien-être et son éducation. Il doit s’ajuster à eux et leur obéir. Matin et soir ils veillent sur lui, l’instruisent et le protègent des ennuis qu'entraînerait sa « liberté personnelle » . L’idée qu’on se fait couramment de la liberté nous limite sérieusement et nous conduit souvent aux chakras inférieurs, en dessous du mūlādhāra chakra, où demeure l’angoisse.

Établir un rapport personnel avec Gaṇeśa

 

Comme l’enfant adopté développe un rapport personnel avec ses nouveaux parents, ainsi établit-on un rapport personnel avec Dieu Gaṇeśa. Il ne permet pas qu’on se serve de sa volonté dite « libre » pour se créer des ennuis. Très soigneusement, il nous guide et protège tout au long de la vie selon nos karmas personnels. On m’a dit un jour : « J’adore Dieu Śiva, j'adore Dieu Murugan, mais je n'ai jamais vraiment fait la connaissance de Gaṇeśa » . J’ai répondu : « Vous adorez Śiva et Murugan, c'est merveilleux. Mais sans avoir établi de rapport personnel avec Gaṇeśa, votre dévotion envers les autres Dieux sera forcément limitée à vos idées personnelles. Sans rapport avec Gaṇeśa, on ne peut pas en établir avec Kṛishṇa, Ayyappan, Amman, Vishṇu, Rāma, Hanumān, Lakshmī, Sitā, Rādharāṇi, Śiva ou Murugan. C'est Gaṇeśa qui nous présente aux millions de Dieux du panthéon hindou, personne d'autre. C'est ainsi. »

 

Oui, petit à petit, tout doucement, imperceptiblement, le rapport très personnel et profond se développe entre le dévot et le Dieu au visage d'éléphant. Il nous accorde sa grâce par sa protection psychique, physique, mentale et émotionnelle. Il nous empêche de créer des kukarma (karmas négatifs) tout nouveaux en se servant de notre volonté dite « libre » . Au contraire, il s’assure qu’on arrivera à faire face au karmas personnels qu’on apporte en cette vie et les résoudre, ne créant plus que des sukarma (karmas positifs) en vivant bien. C'est son soucis principal. Dieu Gaṇeśa aime et prend soin de ses dévots. Une fois qu’on a établi la connection avec lui, en éveillant le chakra mūlādhāra, on ne se sentira plus jamais seul.


Gaṇeśa est merveilleux et plein d’amour. Il a la capacité extraordinaire de savoir démêler pour ses dévots les situations et les karmas difficiles. Il sait leur simplifier la vie. Mais cela n’est possible qu’une fois qu’on a établi le rapport personnel avec lui. Bientôt, la vie se transforme et quand arrivent les moments difficiles, on n’a plus recours à la colère et on cessent de vivre dans la crainte ou l'inquiétude. Nous savons que nous sommes en train de nous détacher des anciens karmas, et nous diriger vers d’autres horizons. On sait qu'à ce moment-là, on doit consciemment soumettre sa volonté personnelle et instinctive et faire de son mieux pour s’harmoniser avec l’univers et permettre à la volonté divine de nous guider. Tel est le chemin spirituel, de confiance grandissante en le Divin en nous, connu sous le nom de prapatti.

Qu’est-ce que c’est la grâce ?

Les chercheurs demandent souvent « Qu’en est il de la grâce divine ? » On reçoit la grâce du Dieu une fois que nos dévotions et pratiques sont constantes. Ayant bien établi cette base spirituelle, une śakti, puissance ou énergie, magnifique découlera de Dieu Gaṇeśa vers nous. C’est cela la grâce. Elle vient généralement de manière inattendue, et nous élève. Quand elle vient, l’esprit se renouvelle et le cœur se radoucit. Notre vue devient claire et pénétrante. On pourrait dire : « Grâce à la grâce divine, je vois maintenant les choses tout autrement » . De nouvelles possibilités se manifestent et, dans la mesure où on les saisit, la vie s'améliore et s'enrichit. Et la grâce, c’est que sans elle, les choses ne se seraient pas déroulées ainsi.

Les chercheurs se demandent aussi : « Quelle est la différence entre grâce et bénédiction divine ? » La bénédiction est l'exécution d’une demande spécifique. Mais la grâce, elle nous parvient selon le niveau de notre évolution spirituelle par rapport à notre karma particulier et parce que, jusqu'à un certain moment, nous avons fait tout ce qu’il fallait selon les lois du dharma. C'est alors qu’on éprouve la grâce divine. Elle n’est pas venue pour satisfaire un besoin ou régler une situation spécifique, ce qui serait une bénédiction. Mais la grâce, c’est une transformation du tout au tout, une métamorphose. Après avoir reçu la grâce d'un Dieu, le dévot verra les choses d’un tout autre œil.

La grâce nous dirige plus profondément en spiritualité, nous guide soigneusement sur le bon chemin, le San Mārga qui mène jusqu'à Dieu suprême. Une fois que Dieu accorde la grâce au chercheur, la pensée de celui-ci s’éveille, sa vie s’emplit d’inspiration, d’enthousiasme et de dynamisme. Il est joyeux sachant que tout est pour le bien, et que tout se passe autour de lui selon son karma, son dharma et la volonté et l’amour divins.

Les Dieux sont réels, et non pas des symboles

Souvent on considère les Dieux comme de simples symboles de forces naturelles ou d’états de conscience. Mais en fait, les Dieux sont des êtres vivants, superconscients, célestes, galactiques, qui à travers l’histoire ont profondément influencé des gens ordinaires, des saints et des sages, des prophètes et des mystiques de toutes les cultures qui les ont vu ou entendu. Gaṇeśa est un tel Dieu. Comme nous, il pense, il réfléchit, il observe, il comprend, il prend des décisions tellement vastes et complexes qu’on ne pourrait jamais, nous, les comprendre par nos facultés limitées.

 

Récemment, des missionnaires et autres convertisseurs occidentaux ont dit aux Hindous que leurs Dieux ne sont pas réels, mais de simple symboles. Malheureusement, beaucoup se sont mis à les croire et c’est ainsi qu’aujourd’hui certains Hindous ne croient plus aux êtres des plans spirituels. Ils ne croient plus qu’aux gens visibles du plan physique, un point, c'est tout. On ne peut pas les contredire. Mais on peut, par beaucoup d’effort, les introduire à cette grande philosophie qui repose uniquement sur la dévotion, la méditation, la sadhana et la recherche de la Vérité absolue. Elle est toutefois trop élevée pour ceux qui vivent dans la conscience matérialiste ordinaire. Pour qu’ils admettent que les mondes célestes sont bien réels, la réalisation personnelle doit d’abord se produire, chose qui, pour  le matérialiste, prendra du temps et ne peut se produire qu’avec la seule grâce de Dieu Gaṇeśa. Et pour joindre ce Dieu, il devra se rendre à l'un de ses temples ou sanctuaires. Il n’aura besoin que d’une seule rencontre.

Comment approche-t-on l’image du Dieu ?

Quand vous approchez l’image divine, croyez que Gaṇeśa ressentira votre présence, et vous verra tout comme vous le voyez, lui. En le considérant de cette façon tout à fait humaine, vous arriverez à mieux le connaître, et développerez, chose importante, un rapport très personnel avec lui. Il sera facile de cultiver un sentiment d'amitié, parce qu’il est le Dieu qui gouverne l’état d'esprit instinctif-intellectuel. Il gouverne l'esprit instinctif des animaux, insectes, oiseaux et poissons, ainsi que toutes les forces de prakṛiti (la nature). Il gouverne aussi l'esprit intellectuel supérieur, celui de la science et et de toutes les branches de la connaissance. C'est ainsi qu’on l'appelle Maître des Catégories. En tant que tel, il classe et clarifie l'esprit intellectuel pour que la conscience individuelle puisse se déplacer librement parmi les nombreux domaines de la pensée. En tant que Maitre des Obstacles, il crée ceux-ci ou les élimine afin de progressivement ajuster notre karma à mesure que continue le déroulement évolutif de nos expériences vécues.

Dans les temples de l'Inde, Gaṇeśa est tellement présent pour les prêtres, que le soir ils comptent les offrandes des pèlerins, l'argent, l'or et les cadeaux de toutes sortes, devant son image, et énumèrent pour lui tout ce qu’on lui a donné. Il les voit, les entend et comprend. Quand arrive le soir, on le met cérémonieusement au lit. On le considère en termes tout à fait humains. Le matin, on le réveille méthodiquement, on le baigne et on l’habille. Le Dieu est traité totalement comme une personne vivant. Et, dans le monde causal, un tel dévouement, tant de bhakti sincère, se remarque, et on en est reconnaissant.

La magie hindoue consiste à relier les trois mondes

 

On pourrait se demander « Où sont ces mondes intérieurs ? » Ils se trouvent là où vous étiez tout juste avant que vous soyez conçu, dans le microcosme subtil de ce macrocosme-ci où nous vivons. Après la conception, vous développez peu à peu un nouveau corps physique au sein de votre mère. Vous viviez alors dans votre corps astral dans le microcosme subtil. Vous existiez bien, mais pas dans ce macrocosme physique. Les devas et les Dieux se trouvent aussi dans ce microcosme subtil. Ils existent en fait à l'intérieur de l'existence matérielle, car il y a de nombreux mondes, ou plans d'existence, à l’intérieur de ce monde physique. Si on s'introduisait dans ce microcosme physique, à l’intérieur d’une cellule, puis d’un atome, puis à l'intérieur encore, et à l'intérieur de cela encore, on se trouverait enfin dans le macrocosme des Dieux, le śivaloka, le troisième monde. Ce macrocosme est vaste comparé au nôtre.

 

Cette idée d’un espace subtil n’est pas commune. Le macrocosme des Dieux existe bien à l’intérieur de notre macrocosme, cependant il est plus grand. Bien sûr, cette immensité est d’une autre dimension, d’un tout autre monde. Et chaque monde intérieur à l’autre est plus grand que qui le contient. Le monde des âmes trépassées est plus grand que notre monde physique, et le monde des Dieux est beaucoup plus grand que les mondes astraux. Par conséquent, dans un espace minuscule de ce monde physique, existent des centaines de milliers de devas.

 

Comment la puja établit cette connexion ?

 

Quand le prêtre invoque les mondes intérieurs et les êtres qui y demeurent, il essaie consciemment d'établir une chaîne de communication. Quand il y réussit, son microcosme physique s'ouvre et donne sur le macrocosme des Dieux. Autrement dit, par un effort conscient, il relie les mondes intérieurs et extérieurs, au point même que les dévots peuvent voir la transfiguration du Dieu, ou mahādeva, superposée à l'image de pierre de la déité dans le temple. Ils peuvent arriver à voir le Dieu, dans son monde intérieur. Nombreuses sont les âmes éveillées qui ont vu de telles choses, les yeux du Dieu qui regardent, par exemple. Certains gourous peuvent même entendre le Dieu qui leur parle. Mais le Dieu demeure toujours dans son monde intérieur. C'est le temple qui, lui s'est accordé à son monde. C'est un peu comme la télé en direct. Des centaines de télés peuvent, en même temps, se syntoniser sur les mêmes ondes et voir les événements lointains à mesure qu'ils se produisent.

 

Le Dieu ne voyage donc pas d’un autel à l’autre. C’est comme composer le numéro d’un ami et amener sa voix d’une distance considérable jusqu’à vous. On entend l'ami très clairement, sans qu’il ait à se déplacer. L’appel téléphonique représente la connexion entre les mondes physiques et subtils, les mondes matériels et les mondes spirituels, ou ākāśa.

 

Où allons-nous après « la mort » ?

Où va l'âme quand on meurt? Elle pénètre le microcosme subtil, puis arrive dans un macrocosme, un vaste monde, et cesse pour quelque temps de fonctionner dans ce macrocosme physique parce qu'elle ne vit plus dans un corps physique. À la mort, l'âme abandonne le corps physique et voyage jusqu‘au au sein des mondes subtils, qui ont leur propre espace expansif, leur propre macrocosme. Les petits enfants, âgés de quatre ou cinq ans, qui peuvent parler mais ne sont pas encore trop immergés dans la réalité ntellectuelle ou ordinaire, disent souvent à leurs parents qu'ils se souviennent de leur naissance ou de leur vie précédente. Des enfants m'ont dit : « Je viens d'un monde qui était plus grand que celui-ci. » Et ils ont décrit les activités qui s'y déroulent et les êtres qui y habitent. Bien sûr, à mesure qu'ils grandissent et s'immergent dans la pensée ordinaire, ces souvenirs disparaissent. C'est ce genre de connaissance expérientielle qui fait vivre en nous, une religion encore plus réelle et utile. La religion authentique est ce qu’il y a de plus réel, le plus solide et le plus sûr en notre vie. Lorsqu’on médite sur ces mondes subtils, on voit clairement ce qu’ils sont et comment ils sont reliés les uns aux autres.

Pensez aux nombreuses visions d’anges, ou de Dieux qu’ont eu les prophètes qui ont élevé l'humanité par leur présence et enseignements. Pensez à tous ces événements mystiques de l’histoire que la raison n’a jamais su expliquer. Pensez à tout ceci à la lumière de ce que vous avez compris à propos des mondes subtils, et assurément tout deviendra clair pour vous. Telle est la véritable sagesse, le fondement d’une foi authentique. Tel est le véritable hindouisme, le soutien d’une vie quotidienne positive. Lorsque cette connaissance viendra spontanément de votre for intérieur, le temple sera, pour vous, vraiment la maison des Dieux.

 

 
 
 
 
Adorer Gaṇeśa et méditer sur lui

 

Il est essentiel que le chercheur perfectionne la dévotion, ou bhakti yoga, selon son aptitude. Après vous être préparé corps et esprit, approchez Dieu Gaṇeśa à l’autel ou au temple apportant un petit cadeau ou une fleur pour offrir à ses saints pieds. Sentez que vous êtes sur le point de rencontrer l’être le plus important du monde. Présentez votre offrande, prosternez-vous et sentez les énergies d’amour et de dévotion remonter  votre colonne vertébrale pour s'échapper enfin au sommet de la tête et inonder l'autel familial ou le sanctum sanctorum, le garbhagṛiha, du temple, et offrez ces énergies actiniques à Dieu Gaṇeśa. Puis levez-vous et marchez lentement trois fois autour du sanctuaire, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre.

 

La méditation, dhyāna yoga, peut se pratiquer après la puja et, lorsqu'on la fait avec diligence et consistance, apportera bien des récompenses. Asseyez-vous devant le Dieu et voyez intérieurement vos parent, le gourou de la famille et enfin le darśana, la forme, du Dieu au visage d’éléphant. Maintenant méditez sur cette forme, ses yeux, ses oreilles, sa trompe, ses deux défenses, sa corpulence où se tient le monde entier. Dès que votre pensée vagabonde par ses chemins habituels, ramenez-la à vos parents, à votre gourou et au Dieu qu’on adore toujours avant de passer à l'un où l’autre de nos 330 millions de Dieux.

 

L'objectif est de maintenir la continuité ininterrompue de la pensée et ne pas permettre à l'esprit de s'éloigner de la darśana divine. Vous pouvez commencer en méditant sur les qualités physiques et évidentes de cette darśana. Si le Dieu de votre autel familial est de pierre, pensez à la pierre. Quelle est la taille de la statue ? D’où fut-elle extraite et qui l’a sculptée ? Quelles sont ses différentes aspects et que signifient-ils ? Quels sont les objets qu’il tient dans les mains et que symbolisent-ils ? Souvenez-vous en. Continuez à mentalement explorer Gaṇeśa. Plus tard, vous pourrez passer à des points de concentration moins physiques. Vous constaterez que votre l’esprit c’est égaré dans des domaines sans conséquences, se préoccupant à propos du passé ou se souciant de l’avenir. Quand cela vous arrive, ramenez votre conscience à l’objet originel de votre concentration, la darśana de Dieu Gaṇeśa. Ré-entamez le courant de vos pensées sur lui, et quand l'esprit divague à nouveau, usez de votre volonté pour y revenir.

 

Cette méditation sera peut être ardue au départ, mais avec constance, des connaissances toute nouvelles viendront de l'intérieur de vous-même. Votre concentration sera alors très puissante et la méditation suivra d’ici peu. Donnez-vous comme objectif d’avoir vingt, trente ou même cinquante pensées d'affilée à propos d’aimer Gaṇeśa sans vous laissez distraire. Il sera avantageux de savoir respirer par le diaphragme pendant ces pratiques. Respirez profondément et naturellement, sans forcer. Maîtriser les prāṇa (énergies) du souffle, c’est maîtriser les mouvements de notre conscience pour qu'elle soit stable et ne vagabonde pas ci et là. Il faut aussi apprendre au corps à rester tranquille et ne pas remuer. Tout cela viendra avec le temps, soyez patient. Ne vous critiquez jamais à cause de vos distractions, ce qui serait une plus grande distraction encore. Acceptez simplement chaque nouvelle divagation comme occasion de devenir plus habile à ramener doucement votre conscience à l’objet originel, Dieu Gaṇeśa.


Enseignez cette simple méditation à vos enfants, que toute la famille apprenne beaucoup à propos des Dieux de notre religion. Ils seront inciter à lire pour mieux les connaître, à étudier leurs histoires et apprendre à chanter leurs louanges. Ceux-ci vivront en vous et en votre famille, tandis que vous allez au-delà des symboles et des histoires pour découvrez qui sont vraiment les Dieux. Vos séances de méditation n’ont pas à être très longues. Quelques minutes par jour suffisent. Une fois votre brève méditation terminée, restez assis tranquillement entouré de son darśana (ambiance céleste) que celui-ci fusionne avec vos propres rayonnements de prāna (énergies vitales). Puis, emportez ce darśana et cet amour ou que vous alliez, et répandez le vers tous les peuples du monde afin qu'eux aussi puissent connaître et aimer le gentil Dieu de l'hindouisme.
 

Fin du 1er chaptire

Traduction des chapitres suivants en cours...
La suite viendra d'ici peu...

Pour la version en anglais de Loving Gaṇeśa rendez-vous à www.himalayanacademy.com/ressources/books/lg/

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